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Les Télévoyages d’Amélie _ L’Empire Palmyrénien

Les Télévoyages d'Amélie : L'Empire Palmyrénien

article écrit par Amélie Latour

L'Empire Palmyrénien est un ancien empire ayant existé de 260 à 273.

Empire Palmyrien à son extension maximale en 271

La naissance de l'empire vient d'une période de grande instabilité dans l'empire romain.

En effet, en l'an 235 de notre ère, l'empereur Alexandre Sévère est tué par ses soldats. Il y a alors de 235 à 268, 16 empereurs et une quarantaine de personnes se proclamant empereur.

Ces empereurs et usurpateurs vont de ce fait négliger les frontières de l'empire, préférant s'affronter entre eux pour le contrôle de l'empire.

Carte avec en rouge les frontières de l'empire romain durant cette période

Ces régions frontalières souffrent alors des raids des peuples voisins comme les Daces, les Alamans (dont le nom donnera le nom français de l'Allemagne), les Goths sur la Gaulle.

Carte des peuples germaniques se trouvant au nord de l'empire

Quand à l'orient, il souffre surtout des attaques de la perse sassanide que nous avions rapidement évoqué dans notre article sur les Kurdes.

Carte de l'empire Sassanide en rouge

Cette période va conduire à la formation en Gaulle en 260 par Posthume de l'empire des Gaulles, regroupant les Gaulles : la Bretagne romaine (une partie de l'île que l'on appelle actuellement la Grande Bretagne) et l'hispanie durant un temps. Posthume n'est d'ailleurs pas un romain mais serait soit d'origine gauloise (soit un celte, soit un belge soit un aquitain – de langue proto-basque), soit un batave (un peuple germanique du Sud de la Hollande)

Empire des Gaulles à son apogée

Pièce représentant Posthume, empereur des Gaulles

Du côté de l'Orient, en 260, la bataille d'Edesse est une défaite pour l'armée romaine face aux Sassanide du roi Chapour Ier.

Chapour Ier

Les romains devant Chapour Ier après la bataille d'édesse

L'empereur romain Valérien est capturé durant la bataille. Rapidement Quiétus et son frère Macrien sont élus par l'armée empereurs de l'empire romain. Ils s'opposent au fils de l'empereur Valérien, Gallien.

Pièce représentant Quiétus

Pièce représentant Macrien

Buste de l'empereur Gallien

Buste de l'empereur Valérien

Le dirigeant de la ville de Palmyre, Odénat, est alors déclaré roi du royaume de Palmyre. Odénat est cependant fidèle à Gallien malgré la proclamation du royaume de Palmyre.

Position de la cité de Palmyre en actuelle Syrie

Ruine de la grande cité de Palmyre en 2008

Gravure des ruines de Palmyre

Buste d'Odénat

Carte avec le royaume de Palmyre en vert

En 260, près de l'Euphrate, Odénat et les armée Palmyréniennes réussissent à vaincre l'armée de Chapour Ier lors d'une bataille décisive. Il reprend ainsi la Mésopotamie romaine perdu lors des batailles précédentes contre les Perses.

En 261, Quiétus, l'empereur usurpateur perd le contrôle des provinces orientales de l'empire au profit d'Odénat.

L'usurpateur fuit dans la cité d'Emese (actuel Homs en Syrie) (ville d'origine de l'impératrice Héliogabale, reconnu depuis peu par certains musées de Londres comme une femme transgenre même si il est dur de le savoir avec certitude sans avoir la possibilité de discuter avec elle, cependant les témoignages que nous avons d'elle sont souvent considérés comme très en faveur de cela, c'est un personnage intéressant qui pourrait mériter son propre épisode de Télévoyage)

Buste de l'impératrice Héliogabale

Carte de la Syrie indiquant la position de la ville de Homs

Emese est alors assiégée par Odénat et Quiétus est alors tué par ses propres soldats.

Odénat combat encore les Perses jusqu'à même atteindre les portes de la capitale de l'empire Sassanide. Il contrôle ainsi en plus du royaume de Palmyre, une grande partie de la frontière orientale de l'empire romain allant de l'Anatolie à la pointe du Sinaï. Pour ces exploits, le gouvernement de Rome le reconnaît comme gouverneur de l'Est (gouverneur des terres qu'il contrôlait de facto).

La pointe du Sinaï

Position de l'Anatolie

Carte avec en jaune et en vert le territoire contrôlait par Odénat

En 263, Odénat se nomme Roi des rois de Palmyre, nommant son fils Haran Ier (appelé aussi Hérode), co roi des rois de Palmyre.

Pièce à l'effigie d'Hérode

En 267, Odénat et son fils Haran sont exécutées par son cousin, Maeonius d'après le livre l'Histoire d'Auguste (un recueil de biographie des empereurs romains). Le nom de Maenius n'est cependant pas universel et certains historiens disent simplement qu'Odénat et son fils furent tués par un membre de leur famille (parfois aussi décrit comme le neveu d'Odénat).

Page d'une édition de l'Histoire d'Auguste

Les historiens disent en tous cas que celui qui assassinat Odénat et se proclama roi des rois fut tué juste après par les troupes.

Le fils mineur d'Odénat, Wahballat, devient ainsi roi des rois de Palmyre, mais étant trop jeune pour régner, sa mère, la reine Zénobie devient de fait la véritable dirigeante du royaume.

Maeonius

Pièce montrant Wahballat

Buste de la reine Zénobie

Au début de son règne, Zénobie, la grande reine de Palmyre, suit une politique suivant son mari respectant l'Alliance entre le royaume de Palmyre et l'empire romain. Elle cherche ainsi à ne pas se montrer hostile à l'empire romain.

Elle installe dans sa ville, une cour composée de nombreux intellectuels, dont par exemple Longinus, qui était professeur de littérature grecque durant le règne d'Odénat et deviendra après un de ses grands conseillers.

Durant le règne de l'empereur romain Claude II, le Gothique (surnom qu'il tient de nombreuses victoires contre le peuple germanique des Goths), profitant du fait que celui-ci est occupé à affronter des peuples germaniques comme les Goths et les Alamans pour consolider son pouvoir en poussant, les nobles et gouverneurs romains de la région à choisir entre leur fidélité pour l'empereur et leur allégeance au royaume de Palmyre.

Buste de Claude II, le Gothique

Elle va, pour ce faire, utiliser l'armée Palmyrénienne. La raison de ce souhait de renforcement de la position de Palmyre par l'armée peut être attribuée au refus des romains de reconnaître l'autorité de Palmyre. L'armée restait ainsi sa seule voix pour renforcer son autorité. Une autre raison peut être également la faiblesse de l'autorité centrale de Rome et son incapacité à défendre le peuple de la région face aux peuples voisins qui auraient alors convaincu Zénobie de consolider l'autorité de Palmyre en tant que royaume pour défendre les terres orientales de l'empire lui-même. De plus, le fait que ces terres ne soient pas défendues nuisaient au commerce de Palmyre.

La reine Zénobie devant ses troupes

Elle va ainsi prendre le contrôle de la Syrie romaine, de la province de Judée, et envahir également l'Arabie romaine. En Arabie romaine la situation est d'autant plus difficile, que les Tanukhides, une confédérations de tribus arabes refusent l'autorité de Palmyre.

Elle envoie donc ses généraux, Septimius Zabbai et Zabdas, régler la situation.

Syrie romaine

Province de Judée

Arabie romaine

Ces deux généraux arrivent au Sud de la capitale Bostra, combattre le gouverneur de la région, le tuer, rentrer dans la ville et la piller, détruisant le temple Zeus-Ammon temple où aller prier la légion romaine de la région. Zeus-Ammon est une fusion du dieu grec Zeus et du dieu égyptien Ammon (dieu principal du panthéon égyptien). La fusion a été réalisée à la période à laquelle la dynastie d'origine Macédonienne dirigeant l'Egypte, dont Cléopatre faisait partie, régnait.

Position de l'ancien royaume de Macédoine

Représentation de Zeus-Hammon

Les troupes Palmyréniennes vont alors avancer dans le reste de la vallée du Jourdain, ne rencontrant quasiment aucune résistance.

Ils vont alors rentrer dans la ville de Pétra en actuelle Jordanie.

Photo des ruines de Pétra actuellement

Carte avec la position actuelle des ruines de Pétra

Zénobie devient ainsi la grande dirigeante de la région de la Syrie, l'Arabie romaine et la Judée, en plus de la région de Palmyre.

Les yeux de la reine Zénobie se tournent alors vers l'Egypte, la réserve de blé de l'empire.

La date de l'invasion de l'Egypte fait sujet à débat, certains la placent avant la mort de l'empereur Claude le gothique vers août 270, d'autres après vers le mois d'octobre pour profiter de la mort de l'empereur.

La situation en Egypte est divisée entre ceux qui soutiennent Palmyre et ceux qui soutiennent Rome. Cependant la situation est d'autant plus délicate pour Rome qu'à cette époque le préfet d'Egypte est parti combattre des pirates en mer.

70 000 hommes Palmyréniens dirigés par Zabdas vont rentrer dans l'Egypte et prendre le pays, déclarant Zénobie reine d'Egypte, transformant ainsi officiellement Palmyre en un empire, l'empire Palmyrénien.

Début novembre, le préfet d'Egypte retourne en Egypte et reprend Alexandrie. Les égyptiens expulsent les troupes Palmyréniennes, reprenant contrôle du pays d'Egypte.

Zabdas retourne alors en Egypte pour tenter à nouveau une invasion du pays. Soutenu par les populations locales et un général égyptien, Timagène, reprennent facilement la ville d'Alexandrie et le pays pendant que le préfet fuit dans le fort de Babylone du Caire.

Ruine du fort de Babylone du Caire

Finalement lors de la bataille qui suit au fort, l'armée romaine a le dessus mais Timagène réussit à mettre en place une embuscade et réussit à vaincre la garnison romaine, le préfet se suicidant alors dans la forteresse.

Zénobie fait rénover de nombreux sites égyptiens comme les colosses de Memnon.

Les colosses de Memnon probablement rénovés par Zénobie

L'empereur Aurélien qui devient empereur de l'empire romain en septembre 270 a une politique plutôt neutre vis à vis de la prise de contrôle de l'empire. Il semble que cette politique devait avoir deux buts, en premier permettre que l'approvisionnement en blé égyptien continue dans l'empire romain.

Buste de l'empereur Aurélien

Les troupes Palmyréniennes vont alors prendre une partie de l'Anatolie donnant à l'empire son extension maximale. Cependant les armées Palmyréniennes échouent à prendre les autres régions.

Carte de l'empire Palmyrénien à son extension maximale indiquant les parties de l'empire en Anatolie conquise (Anatolia sur la carte)

En 271, Zénobie commence la création de pièces représentant son fils Wahballat comme empereur et le terme d'Auguste est utilisé pour le désigner. Cela est important car le titre d'Auguste est le titre de chaque empereur, donc on est dans un cas où l'état ne se considère plus du tout comme subordonné à Rome.

Wahballat sur une pièce représenté comme Auguste

En 272, Aurélien commence à envahir l'empire Palmyrénien après avoir sécurisé les frontières nord de l'empire. Une légende raconte qu'avant la ville de Tyane, il a détruit toute les villes qui résistaient. Mais lors de l'arrivée à Tyane, il eut une vision du philosophe Apollonios de Tyane dans un rêve, qui lui dit alors : "Aurélien, si vous désirez gouverner, abstenez-vous du sang de l'innocent ! Aurélien, si vous voulez vaincre, soyez miséricordieux !". La cité de Tyane fut ainsi épargnée malgré sa résistance.

Statut d'Apollonios de Tyane

Ruine de la ville Tyane

Cette miséricorde aide Aurélien, car ainsi de nombreuses cités se rendent à Aurélien sachant qu'ils n'auraient pas à craindre de représailles de l'empereur.

A la bataille d'Immae (près de la ville d'Antioche), l'armée romaine d'Aurélien défait les légions Palmyréniennes de Zabdas. Zabdas fuit après avoir compris que la bataille étaient perdue.

Carte indiquant Antioche juste en dessus de l'Anatolie proche de la côte A la bataille d'Emese, (autour de la ville actuelle d'Homs dont nous avions déjà parlé) les troupes Palmyréniennes vainquent les troupes romaines, c'est souvent à cette bataille que l'on décrète la fin de l'empire Palmyrénien.

Les troupes romaines affrontent alors les peuples du désert, fidèles à Zénobie.

Finalement après des difficultés, Aurélien atteint la ville de Palmyre et commence à l'assiéger. Cependant, la ville résiste et Zénobie refuse de se rendre devant Auguste.

La situation dans la ville se détériore, Zénobie quitte alors la ville pour aller demander l'aide des Perses Sassanides.

Dernier regard de Zénobie sur Palmyre

Les troupes romaines apprennent cela, pourchassent la reine et finissent par la capturer, l'amenant devant Aurélien.

Zénobie amenée devant Aurélien

La cité de Palmyre se rend alors pacifiquement à Aurélien.

Carte récapitulatif des mouvements des troupes d'Aurélien

Pièce représentant Aurélien vainqueur de l'empire Palmyrénien

Aurélien envoya alors Zénobie et son conseil à Emesse (actuel Homs) pour un procès sur leur situation.

Des sources indiquent qu'elle aurait imputé ces fautes à son conseil, cependant cette version des faits fut écrite plus tard et est souvent supposée comme étant de la propagande destinée à éviter toute nouvelle révolte de Palmyre.

Aurélien défile durant son triomphe en 274 en tenant Zénobie enchaînée et son fils comme le veut la tradition, cependant il est souvent supposé qu'Aurélien permet à Zénobie et son fils de finir leurs vies tranquillement en captivité.

Restes de la maison où il est supposé que Zénobie a fini sa vie

En 273, Palmyre se révolte à nouveau proclamant Antiochus, souvent décrit comme un proche de Zénobie, empereur de Palmyre. Cependant on ne sait pas exactement quel était son lien avec Zénobie, possiblement son père, car ils portent le même nom, possiblement un de ses fils.

Aurélien matera cette révolte et rasera de nombreux bâtiments de Palmyre détruisant ainsi sa superbe et prenant les plus beaux monuments pour son temple au dieu Sol (une divinité venue d'Orient devenue la divinité principale de Rome).

Ceci conclut l'histoire de l'empire Palmyrénien.

La culture Palmyrénienne :

La ville de Palmyre a connu une histoire longue et beaucoup de cultures s'y sont succédé, je vais me concentrer principalement sur la culture de Palmyre à l'époque de l'empire et à l'époque romaine.

La langue de Palmyre durant cette période était l'araméen de Palmyre, une variété de l'Araméen, une langue sémitique (appartenant à la même branche linguistique que l'hébreu, l'amharique et l'arabe).

La langue était écrite en utilisant l'alphabet de Palmyre.

Pierre funéraire écrite en Araméen de Palmyre en alphabet Palmyrénien

Inscription en Araméen en bas et en grec probablement sur le père de Zénobie

On trouve dans l'ouest des ruines de Palmyre, la vallée des tombes, une grande vallée funéraire dont les plus récentes datent de 128 de notre ère.

La Vallée des Tombes (les tours sont des mausolées de familles Palmyréniennes)

Intérieur d'une des tours de la vallée des Tombes

Les Palmyréniens ont enterré leurs morts dans des mausolées familiaux élaborés. La plupart avec des murs intérieurs formant des rangées de chambres funéraires dans lesquelles les morts, allongés de tout leur long, ont été placés. La pierre de façade représente la stèle funéraire et la personne s'y trouvant de son vivant.

Exemple montrant un mur réassemblé avec l'ouverture d'une tombe pour vous montrer comment est ce que cela marchait

Stèle funéraire d'une aristocrate

On voit au 2ème siècle, l'apparition dans certains cas de momies suivant la même méthode que celle pratiquée en Egypte ancienne.

Momie de Palmyre

Les habitants de Palmyre suivaient majoritairement une religion qui partageait de nombreux liens avec la religion Araméenne en rajoutant quelques dieux voisins.

La divinité principale des Palmyréniens était le dieu Bel (appelée initialement Bol), version Palmyrénienne de Baal (le dieu qui a donné le démon Belzebuth), qui prenait en plus une certaine inspiration de Marduk, le dieu principal des Babyloniens. Bel était le dieu qui dirigeait tous les autres dieux. Il y avait un grand temple à son honneur au sein de la ville, le temple de Bel, il a été détruit par l'Etat islamique. Cependant, il y a actuellement des projets de restauration en cours du temple.

Ruine du temple de Bel (détruit en 2015 par l'Etat islamique)

Porte fortifiée du temple de Bel

Reste actuel du temple de Bel

Projet de restoration du Temple de Bel

Un autre dieu est Baalshamin, il était un dieu du ciel et un des grands dieu de Palmyre avec Bel.

Temple de Baalshamin détruit en 2015 par l'Etat islamique

Il y avait également le dieu de la lune Aglibol, il venait initialement d'une communauté du nord de la Syrie romaine.

Représentation d'Aglibol

Terminons par Malakbel, un ange de Bel, dieu du soleil, de la végétation et de la santé, son nom signifiant messager de Bel.

Il fut plus tard associé au culte de Sol après la période de l'empire Palmynérien.

Représentation de Malakbel

Terminons par Yarhibol, dieu du printemps.

Représentation de Yarhibol

Représentation avec Baalshamin au centre,Aglibol à gauche et Malakbel à droite

Bel tout à gauche avec Baalshamin, Yarhibol et Aglibol

Il y a d'autres divinités mais ce sont souvent des divinité canaanéennes et babyloniennes

Carte indiquant le pays de Canaan

Carte de la région culturelle de la Babylonie

Reste du temple de Nabou, une divinité Babylonienne

Divinités de la guerre de Palmyre

Passons maintenant à l'architecture de Palmyre :

L'architecture de Palmyre est, de par sa position, le fruit d'un mélange entre l'art grec et d'arts orientaux comme ceux des Perses, formant ainsi une architecture unique.

Temple funéraire de Palmyre

Statue d'Allat, divinité sémitique associé à Athéna

Tetrapylon détruit en 2017 par l'Etat islamique

Colonnade de Palmyre

Arches monumentales détruites en 2015 par l'Etat islamique

Théâtre de Palmyre endommagée par l'Etat islamique en 2017

Agora de Palmyre

Sculpture Palmyrénienne avant d'être sauvagemment endommagé par l'Etat islamique

état de la même sculpture maintenant

Cavalier Palmyrénien chassant

Caravane Palmyrénienne

Ceci conclut cet épisode en espérant qu'il vous aura plu !